MOLP
Mouvement Ouvrier de Luttes Prolétariennes
Lettre n° 27
40 ans après Mai 68, la Cfdt et la Cgt ont opté pour la signature d’un « accord » rétrograde sur la représentativité syndicale dans les entreprises.
Fo créée avec les fonds de la CIA, la Cftc créée avec les fonds du Vatican, la Cgc créée par le patronat, s’insurgent aujourd’hui qu’on leur supprime une partie de leur pouvoir, ces confédérations se sont prises à leur propre piège de la division syndicale instrumentalisée par le capital. Et dans quelques années les Unsa, Fsu, ou Sud, seront, eux aussi, tombés dans l’escarcelle et le piège…Quelques permanents ont des cheveux blancs à se faire, et la lutte des places va s’intensifier et s’aiguiser, au détriment des travailleurs..encore et encore.
Ce que des millions de travailleurs organisés dans la lutte pendant plusieurs semaines avaient arraché au patronat et au gouvernement gaulliste, pour que le syndicat et les délégués soient reconnus et protégés, et cela 32 ans après 1936, va redevenir aussi faible qu’avant 1936.
Qui se rappellent de ces permanents syndicaux qui, pour vivre et faire vivre leur famille, allaient à bicyclette ou à pieds, vendre la Vie Ouvrière à la porte des « tôles » et interpeller les salariés ? Les temps ont bien changé !
Comme Belin et Jouhault, Chèréque et Thibaut, le bureau confédéral de la CGT et le chef d’orchestre Le Duigou, les porteurs d’eau du CCN, ont trahi une fois de plus la Classe ouvrière de France.
Et l’argument du-des permanents ou des réformistes bien au chaud, sera de dire : « mais vous n’avez pas lu les documents que vous avez reçus, vous pouviez vous exprimer sur la ratification de cette accord, et même vous y opposer… »
Alors en forme de réponses, les questions devront être : « Et toi camarades, tu l’as lu, analysé dans sa profondeur ? - Comment as-tu pu accepter la remise en cause de nos principes fondateurs et de nos valeurs CGT de base ? – Depuis quand tu n’as pas rencontré les syndicats de la base ? - Depuis quand n’as-tu pas organisé une élection dans une tôle ? – Depuis quand n’as-tu pas rencontré un salarié qui veut s’organiser avec ses collègues de travail, pour faire face à un patron antisocial ? – Depuis quand es tu dans l’appareil et combien gagnes tu par mois, quels sont tes avantages pour avoir accepté une telle trahison contre la base ? – As-tu réellement mesuré que les UD vont disparaître à court terme ? – As-tu compris que tu as accepté de détruire les fondations de l’édifice CGT au point de le faire s’effondrer ?... »
Cette collaboration de classe avec le grand capital français, aura des conséquences terribles et néfastes pour les travailleurs et leurs structures de luttes, et à court terme.
La casse de l’outil de base CGT est en marche avec cette inadmissible signature, antidémocratique et dangereuse. Elle rappelle la signature du programme commun entre les sociaux-démocrates et les communistes en 1972, qui allaient entraînaient le PCF dans les abîmes après avoir été le 1er parti de France, le parti des fusillés.
L’abandon dans les statuts de la CGT, des valeurs révolutionnaires pour un changement de société par la socialisation des moyens de productions et d’échanges et par la dictature du prolétariat, a permis que le réformisme le plus ultra s’empare de cette structure créée de toute pièce par les marxistes en 1895.
La trahison est grande mais le châtiment sera appliqué aux travailleurs, l’aristocratie syndicale de ce pays a choisi délibérément de collaborer avec le capital en rompant avec l’indépendance syndicale vis-à-vis du patronat et du monde politique à son service.
La création de l'impérialisme européen a favorisé, via la CES, la mise en place d’un plan « Mc Arthur » contre les syndicalistes révolutionnaires, la « chasse aux sorcières » commencée il y a quelques années, va s’intensifier et les têtes vont tombées comme en Allemagne dans le début des années 70, soyons en certains.
Les syndicats n’ont plus la nécessité d’avoir des masses de syndicats et de syndiqués, d’avoir des structures fédérales professionnelles, d’où les fusions, des US et des UD, d’où la privation des financements.. et des UL de proximité, d’où les tentatives d’élargissement des territoires… puisque le capital va financer dans un 1er temps, surtout les structures régionales et confédérales. La priorité sera les zones, les bassins, avec un délégué « professionnel » de site, qui aura la capacité de signer avec les patrons…sans faire partie des entreprises.
C’est la cogestion qui se met en place, le syndicalisme français roule sur les rails du syndicalisme allemand qui a perdu des centaines de milliers d’adhérents en quelques années. Et beaucoup de militants ont pu vérifier qu’au travers des comités de groupe ou d’entreprise « européen », simples lieux de discussions sans pouvoir, que le but final était de supprimer à terme toutes les institutions légales nationales : SYNDICATS, DS, DP, CE, CHSCT, Prudhommes…. Les travailleurs vont payer la note à prix fort !
La question est désormais : « CAMARADES, quelle riposte face à cette trahison ! »
Fait à Caen le 4 mai 2008.