Vendredi 12 décembre 2008

MOLP

Mouvement Ouvrier de Luttes Prolétariennes 

mouvementolp@hotmail.fr - http://m-olp.over-blog.com/


Lettre n° 37

Depuis maintenant deux mois, les travailleurs du monde entier découvrent que le capitalisme national, impérial ou mondialisé, a atteint ses limites, dans le contexte de la démocratie et du parlementarisme bourgeois. Dans les pays riches, c'est-à-dire ceux qui détiennent les richesses financières et les monopoles, la crise systémique prend une ampleur historique, la crise de 1929 risque d’être mise dans les placards de l’histoire. Les plans de suppressions massives d’emplois risquent ainsi de toucher des millions voire des dizaines de millions de travailleurs de par le monde, et le capital exploite cette crise pour tenter une ultime fois de se refaire, il n’a pas le choix s’il veut empêcher que le système capitaliste ne s’écroule sur lui-même.

 

La crise industrielle qui s’annonçait depuis des années, notamment avec le passage de l’impérialisme en construction européen, à la monnaie unique est désormais devant nous, et elle va s’amplifier. Flambée des prix et stagnation du pouvoir d’achat, mesures de privatisations des industries de service et de dénationalisations des banques, lois de destruction des droits du travail et des droits collectifs, élargissement de la zone à l’Est permettant les délocalisations, soutien humain et financiers aux guerres de recolonisation… n’ont fait qu’amener la récession, d’abord à petits pas mais désormais à pas accélérés, voire en marche forcée.

 

Cette crise du système n’est pas le fruit d’un hasard mais le résultat du déroulement scientifique et matérialiste du capitalisme qui avait été décrit par Marx dans « le Capital » puis par Lénine dans « Impérialisme, stade suprême du capitalisme ».

 

Nous touchons donc ici du doigt, les contradictions entre capital et travail, et notre réalité objective d’aujourd’hui est bien celle de la masse des travailleurs n’ont pas été préparés subjectivement de cet effondrement possible du système capitaliste dans de courts termes. Si depuis des années, l’avant-garde politique avait su ou voulu se donner les moyens de faire une analyse scientifique et organisée de la production, elle aurait pu alimenter l’avant-garde ouvrière dans les syndicats pour conscientiser les larges masses de travailleurs.

 

Mais des Si n’amènent aucune réponse puisque rien n’a permis de montrer une volonté communiste de préparer les masses à cette perspective naturelle et systémique. Ainsi nous subissons l’inertie de la dislocation avec les fondamentaux du communisme, c'est-à-dire le manque qu’occasionne la rupture avec la formule théorie-pratique-théorie. Les communistes sont donc malades, une maladie qui n’est pas infantile mais qui s’appelle le parlementarisme, et qui est alimentée par plusieurs virus, l’opportunisme, le nombrilisme, et surtout l’individualisme puisque les partis, mouvements, comités, groupes, fronts, collectifs…sont incapables de résonner en tant que classe ou défenseurs d’une classe, celle des travailleurs et des ouvriers. Cette maladie n’est pas mortel mais elle affaiblie considérablement les masses qui ont plus besoin d’une thérapie de choc que de pantins déguisés en docteurs « Folamour ». Depuis la fin du bloc soviétique, le capitalisme a su creuser son trou sans rencontrer une réelle opposition, pire encore, son opposition naturelle, par des alliances sur fond de démocratie bourgeoise, s’est fondue dans ses rangs au point de quasiment disparaître, même si l’étincelle est toujours présente pour rallumer la flamme, même si les fondations sont encore solides alors que les murs sont écroulés. Les batailles intestines au sein des partis de l’opposition ( PS, PCF, Verts, LCR…) ne montrent pas une volonté d’agir pour une classe sociale en souffrance mais montrent que l’opportunisme est une arme manipulée par la bourgeoisie pour défendre ses propres intérêts de classe.

 

Ainsi, le capitalisme a réussi sa prospective d’anéantissement d’une opposition politique de classe contre sa propre classe, d’où le sentiment d’impuissance qui a empêché les masses pour se reconstruire en tant que classe sociale.

 

Mais le capitalisme a su aussi créer la division en mettant le syndicalisme à sa botte. La multiplication des centrales syndicales a été une des armes primaires de cette division, mais le syndicalisme est aussi, comme l’opposition, malade. Cette maladie est vicieuse, car le syndicalisme est pluraliste, et il n’est plus indépendant puisqu’il souffre d’une forme d’addiction au système. Les directions syndicales, notamment à la tête des confédérations, des fédérations professionnelles, des grands syndicats de la fonction publique ou des grands groupes, ne sont plus libres de leurs initiatives puisqu’elles sont dépendantes financièrement du capital. Le patronat a créé les conditions de cette dépendance comme un dealer le fait pour vendre sa « cam ».

 

Ainsi, les centrales syndicales continuent à subsister en étant alimenté financièrement par une combinaison d’apports d’argent (Europe, commissions, paritarisme, présidences, tutelles, chambres de négociations, parutions syndicales et même accords entre syndicats et patronat), la question des cotisations est devenue subsidiaire puisque la visibilité de la représentativité syndicale est basée sur un pourcentage dans les échéances nationales ou régionales (Prud’hommes, paritaires..). Et ceci n’est que la partie visible de la nébuleuse financière des syndicats, les derniers événements avec la mise en cause de la gestion de l’IUMM, démontrent que la clarté est bien précaire. Mais aussi les relations privilégiées entre les grands groupes rattachés aux Medef et à l’Unice, et les directions fédérales qui usent de moyens contestables pour financer des emplois de permanents syndicaux. Toutefois, on ne peut lier ces pratiques avec les accords historiques dans la fonction publique entre syndicats et Etat. Ce sont des explications objectives du manque de combativité syndicale venant des hiérarchies des grandes centrales, sans toutefois oublier l’opportunisme de leurs dirigeants, plus enclin à conserver un poste qui amène un certain confort de vie et un certain nombre d’acquis sociaux.  

 

Face à ce manque visible de combativité, et du reniement objectif aux valeurs d’un syndicalisme de classe et de masse de la part des appareils confédéraux et fédéraux, les bases syndicales s’organisent pour redevenir indépendant et du pouvoir et du patronat. Mais l’addiction opportuniste au capital est forte, ceux qui luttent en toute indépendance pour l’unité des masses dans un syndicalisme de classe, subissent les foudres des grands malades qui refusent le sevrage. Car la crise financière et industrielle en cours, ne leur permet pas une thérapie sur le long terme, mais un sevrage immédiat. Et le choc psychologique est fort, ils refusent d’être soignés et deviennent violents au point de s’en prendre à ceux de leur classe sociale en s’alliant à leurs dealers pour obtenir leurs doses nécessaires à leur paradis artificiel. Et les dealers du patronat et de l'Etat alimentent pour ne pas perdre la face et conserver le marché. Ils utilisent la crise pour renforcer les opportunistes sous dépendance et tentent par tous les moyens d’anéantir les nombreuses bases d’entreprises ou les unions professionnelles locales ou professionnelles qui s’organisent ouvertement et en contrebande des hiérarchies.

Nous disions que les directions devenaient violentes, preuve en est que depuis quelques semaines, c'est-à-dire depuis le début de la crise (même si des exclusions ont eu lieu il y a quelques années), elles dé-confédérent des syndicats complets et des milliers de syndiqués se retrouvent sans étiquette alors qu’ils sont le cœur du militantisme de classe, elles menacent des militants de l’avant-garde d’exclusion pour avoir osé dire haut et fort ce que la base pense depuis des lustres, et elle attaque des unions interprofessionnelles devant les tribunaux de la bourgeoisie. Tout cela est signe qu’elles sont aux abois face à la mobilisation qui s’organise tant au niveau local qu’au niveau national.

 

Beaucoup de militants n’avaient pas compris l’importance d’un front syndical de résistance de classe, mais aujourd’hui tout démontre que cette résistance organisée au sein de la CGT, a été d’une importance stratégique. Qu’on soit de ce front, signataires des nombreux appels, participants aux meetings, l’unité est en marche pour faire face à la casse de nos emplois, de nos salaires, de nos droits et de nos acquis. La base revendicative est forte, et qu’on soit travailleur du privé, du public, sans emploi, retraités, immigrés ou sans papiers, tout le monde se sent concerné par la montée de l’union de luttes, et l’aristocratie syndicale qui possède des titres mais sans valeur, a tout intérêt à le comprendre ou ils devront partir pour laisser la place à ceux qui luttent contre les intérêts capitalistes dans l’intérêt des travailleurs.

 

Partout dans le pays, la classe ouvrière s’organise pour la lutte, et c’est à Douai, là où Sarkozy avait donné 26 milliards au grand patronat, dans le nord de la France, que la première somation va détoner le 18 décembre. Une union locale CGT, celle de Douai, que la direction confédérale entend détruire, mais qui se trouve être le cœur d’un bastion de classe et de masses dans une des plus grandes zones industrielles automobiles du monde, a appelé à manifester, et elle est relayée partout dans le pays, par des appels interprofessionnels. Une manifestation massive et motivée qui sera le point de départ des larges mobilisations de masses qui s’organiseront dans les prochaines semaines sur les bases des revendications de base, de classe, de masses.

 

Le MOLP, dans cette approche n’a volontairement pas parlé des liens entretenus entre les directions syndicales et l’impérialisme européen, le FMI, la BM, l’OMC… via la CES et la CSI, nous y reviendrons plus tard, la priorité est autre même si cela est d’une importance capitale. Il nous faut une victoire, obtenons là par la lutte, car 10 jours de luttes valent plus que 1000 discours.

 

Tous-tes à Douai le 18 décembre à 10h00,

Place d’Armes,

Debout face au pouvoir, un classe fière face au patronat

 

Le MOLP.

Fait à Paris le 12 décembre 2008   

Par Mouvement Ouvrier de Luttes Prolétariennes
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